Galerie de la Cabrerisse  



Il faut en avoir de la suite dans les idées pour installer une galerie d'art contemporain dans des coins si beaux mais si reculés de la terre d'Aude. Il faut bien dire que l'art n'est pas la motivation première des autochtones, pris en étau par l’éloignement des centres urbains et une certaine difficulté sociale. Amener de l'art d'une telle qualité dans des lieux aussi oubliés par la culture en général, ne peut qu'être salué, et je souhaite que cette expérience trouve un espace pour perdurer. 

Déjà trois ans d’existence, ce n'est pas si mal. 

 

Anne Camille, l'artiste responsable de cette galerie, propose 4 à 5 expositions par an, et celle de Pamphyle vous donnera une idée de la qualité qu'elle entend promouvoir. 

Cet artiste lyonnais d'origine, aujourd'hui audois d'adoption, présente une réflexion assez remarquable dans sa conception certainement autour la mémoire. Faite de couches successives qui permettent par la transparence utilisée de garder le contact avec la couche initiale, nul doute que cette façon de travailler interroge ce qui reste dans notre esprit, une fois que le temps a fait son œuvre. 

 

Même si je ne suis pas tout a fait d'accord sur le ni-ni du titre, la non figuration proposée (encore que par endroits des vestiges de celle-ci subsistent), n’échappe pas tout à fait à l’abstraction. Mais ce débat sémantique n'a que peu d'importance par rapport au voyage que vous proposent ces toiles. Il faut prendre un peu de temps pour y pénétrer et se laisser absorber par ce qu'elles ont d'intime, certainement de son intime, qui nous renvoie sans coup férir au nôtre. Une bien belle exposition à déguster sans modération jusqu'au 31 juillet. 


JOMY Olé Magazine

OLÉ ! A VU

GALERIE DE LA CABRERISSE 

PAMPHYLE 

"NI ABSTRACTION, NI FIGURATION"... 

Ole a vu :

Waltraud Zugmaier  à la Galerie de la Cabrerisse


A propos de la peinture allemande

Un grand coup de chapeau à Anna Camille pour sa persévérance dans ses propositions de présentation d'artistes aux œuvres complexes et pas toujours faciles d’accès.

Aujourd'hui c'est Zugmaier qui est aux cimaises de cette galerie en « working progress » permanent. 

Cette peintre reste pour moi une des dernières représentantes de cette peinture allemande qui vit le jour après la guerre. Sortir des horreurs du nazisme à permis à toute une génération d’artistes toutes pratiques confondues de mettre en place un art susceptible de vivre après l'immense traumatisme que fût ce conflit mondial. Et oui, le monde ne pouvait plus être tout à fait comme avant. Si en cinéma, en littérature et en musique les changements furent notoires, la peinture reste pour moi un élément central de ce bouleversement radical du paradigme artistique. Et c'est dans cette veine que Waltraud persiste à nous entraîner avec cette force et cette conviction qui fait d'elle une des dernières représentantes de ce que l'histoire de l'art a désigné comme les « Post Fauves ». Mais elle se situe dans un autre registre, un autre carrefour, où certes règne la déconstruction, mais aussi un univers poétique d'une grande sensibilité. Il faut se laisser emporter par cette sarabande de couleurs dans une sorte de lâcher prise nécessaire pour recevoir tout ce que cette peinture véhicule. Et comme le disait le cinéaste Bunuel à propos de ses films, il ne faut pas essayer d’interpréter les images, mais juste se laisser porter par elles. Dans l’œuvre de Madame Zugmaier, c'est flagrant.  Pour conclure cette recension une réflexion de cette femme, dont l'humilité est une des première qualité :

« J'essaie de peindre des tableaux calmes,

j'essaie de peindre des tableaux violents et fous,

je ne réussis ni l'un ni l'autre mais je continue d’essayer »  

Une réflexion à méditer pour tout artiste en mal d'inspiration.

JOMY Olé Magazine




 

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